Jazz Feed #2

25 février 2024 à 19h09 - 415 vues
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JAZZ FEED lundi, mercredi et vendredi à 17h30. Serge Mariani présente régulièrement un choix d’albums sortis récemment ou sur le point de l’être, des extraits de leur musique, des informations, des commentaires, des impressions, des émotions, c’est la nouvelle émission de Serge Mariani sur Art District Radio: JAZZFEED !

Au programme de cet épisode 2: l’album JEU de Louise Jallu / Oizel de Marion Rampal et Modular de Srdjan Ivanovic
En ce début 2024, Srdjan Ivanovic nous propose de découvrir avec l’album Modular d’autres facettes de sa créativité et de son inspiration. Si les traditions des Balkans, de la Bosnie, de la Grèce, ne sont jamais très éloignées dans l’esprit et le coeur du compositeur comme de l’instrumentiste, l’ouverture sur les autres cultures et une vision personnelle riche du jazz des plus récentes décennies, participent à conférer à l’album Modular toute sa saveur. Pour Srdjan Ivanovic, la modulation est au coeur de toute vie et spécialement de l’univers infini des sons dont la musique nous permet d’entrevoir la puissance créatrice.

Le plus remarquable dans l’art de Marion Rampal, c’est certainement cette maîtrise d’une alchimie qui fait de sa voix l’instrument le plus délicat et transforme son grain, chaque syllabe, chaque phonème, presque chaque lettre, en perles de musique. De chaque mesure de ses chansons, émane aussi un parfum unique, intime, organique. Ça sent le bayou et Marseille, La Nouvelle-Orléans et les calanques. Le travail réalisé en studio avec le guitariste Matthis Pascaud depuis 2020 a trouvé au fil des compositions de Oizel une matière propice à ce qu’il n’est pas exagéré d’appeler son génie des climats. Et Marion Rampal nous ensorcelle à nouveau au cours d’un genre de descente tranquille d’un fleuve sûr de sa puissance, un fleuve nommé Oizel, dont les larges méandres nous laissent le temps de savourer sa musicalité naturelle et nous invite à nous baigner dans l’eau limpide de sa poésie.

Il en fallait de la force pour se libérer de l’attraction d’un astre aussi puissant que la musique, et la stature, d’Astor Piazzolla. C’est pourtant ce qu’a réussi Louise Jallu avec son nouvel album, JEU. Le Schumann et Wozzeck de l’ouverture, un adagio de Bach transfiguré un peu plus loin, et surtout une exceptionnelle version bandoneonienne jallumée et cubiste du Bolero de Ravel, affirment une volonté de mettre sereinement le cap sur quelques-uns des horizons les plus lumineux de la musique universelle. Mathias Lévy, Karsten Hochapfel, Grégoire Letouvet, Alexandre Perrot et Ariel Tessier sont de son équipage, sans oublier Bernard Cavana, que l’on retrouve avec plaisir au poste éminent de directeur artistique et d’arrangeur éclairé.

Avant que Louise et son équipage ne reviennent accoster au port de Gennevilliers après leurs aventures extraordinaires sur les océans de la musique, on aura entendu Georges Brassens dire que « les gens qui écrivent, écrivent pour ça, pour créer autre chose que ce qui existe ». Et bien je crois que l’on peut en dire autant de la musique de Louise Jallu dans JEU: elle fait chanter son bandoneon et l’orchestre qui l’accompagne pour créer autre chose que ce qui existe et cette « autre chose » est magnifique.

Programmation musicale

 1- Kapetan Mihalis / Srdjan Ivanovic Album Modular (sortie le 2 février 2024) Label Rue des Balkans
 2- D’où L’on Vient / Marion Rampal Album Oizel (sortie le 2 février 2024) Label Les Rivières Souterraines, 2024
 3- Schumann et Wozzeck Album JEU / Louise Jallu Label Klarthe (sortie le 8 mars 2024)
© Opéra de Rouen Normandie

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